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jeudi 14 décembre 2017

J+333 - Introspection - Savourer les pauses, regarder en arrière pour apprendre

Les feuilles ont changé de couleurs, les hirondelles et d’autres oiseaux de fin d’automne se meuvent dans le ciel à l’unisson, liés par un fil invisible. Décembre m’a surprise, inattendue. Amenant petit à petit le froid, ce froid qui me ramène inexorablement à mes souvenirs d’enfance, dans cette neige que j’aime tant. L’hiver est à la porte. Plus qu’un pas avant de l’ouvrir et de s’y engouffrer pleinement.

Après avoir tant vécu ces douze derniers mois ; tant vu, partagé, expérimenté, découvert, ris, pleuré aussi parfois, écouté mes émotions, marché et couru, accéléré puis ralenti le rythme, j’accueille ces derniers instants de 2017 avec une joie et une sérénité incroyable.  En regardant en arrière, le chemin parcouru me fait chavirer. J’avais une telle soif de rencontres, de voyages et d’idéal associatif en janvier. La vie m’a menée doucement vers la réalisation de plus encore. 

J’ai parcouru le monde, pour le privé ou le boulot, à chaque fois me dépaysant les yeux, la tête, le cœur, le ventre. Les sens.  La Nouvelle-Orléans en janvier pour bien démarrer sur une note de renouveau, Aruba en février pour asseoir mes apprentissages de vivre et profiter de l’instant présent comme danser la salsa en bord de mer sous les étoiles ; Hong Kong en Avril pour accepter de ne pas tout maitriser et de voir ce qu’il se passera ; Houston en Mai pour me confirmer que l’on est maître de ses pensées et que la perception des choses dépend de la manière dont on les prend – Houston, everything is perfect ; Dublin en Juin pour me faire découvrir une ambiance festive et magique et me redécouvrir ;  Montréal en Juillet pour la sérénité, les rencontres incroyables, la sensation de bien-être ;  Almaty au Kazakstan en Août pour m’ouvrir à d’autres cultures et rencontrer des baroudeurs qui m’ont rappelés le voyage en Thaïlande et donnés certaines envies de repartir ; Morges en Suisse en Novembre pour prendre conscience des nouvelles amitiés qui se créent, des paysages de l’automne envoutants et des bons verres de vin ou de thé bien chaud.


J'ai aussi parcouru la France, ce cher pays avec des régions si différentes qui ne cessent de m'étonner : les montagnes, chères à mon coeur, où je me ressource en une balade ; Paris et ces magnifiques rues, bâtiments et places où les amis et la famille aiment à se retrouver ; les petits villages de PACA où les salons du livre ont dirigé mes pas et offert des rencontres superbes, parfois éphémères.
Les voyages font partie de moi. Je me rends compte à quel point j’ai besoin de ces horizons plus ou moins lointains lorsque je reste longtemps chez moi. Et en même temps, mon chez-moi est tout aussi important. Je ne peux envisager pour l’instant de ne plus avoir ce lien, ce rattachement au Sud de la France, ce point de départ et d’arrivée qui me fait me sentir bien.

Mon rêve, depuis mon retour de Chiang Mai, était de m'engager et créer une association, qui me permette de contribuer depuis mon chez moi. Avec le recul, j’étais passionnée et impatiente. Au bout de deux ans, je regarde d’un œil attendri cette fougue qui m’a menée d’une certaine manière là où j’en suis maintenant. La délégation se porte extrèmement bien, nous sommes une dizaine de personnes, nous avons participé à 8 événements cette année et effectué notre première intervention dans un lycée avec succès.

Lorsqu’on a des objectifs, lorsqu’on cherche à les atteindre, qu’on regarde dans la direction sans savoir quel chemin nous y ménera, nous ne prenons pas forcément le temps d’accepter et savourer notre arrivée au but. On continue la route, pour une nouvelle destination, encore plus improbable ou qui nous semblait impossible quelques temps auparavant. A présent, quand je regarde cette année écoulée, j’ai enchainé les émotions, les activités, les grandes phases d’énergie avec des phases de fatigue, de découragement, de doute. Est-il possible d’avoir un chemin plus serein, que la route soit moins accidentée ? Sans doute. Si l’on y croit. Mais mon chemin, ce chemin qui m’a menée ici, maintenant, je ne le changerais pour rien au monde. Il est celui qui me permet d’évoluer, de comprendre certaines choses, de me remettre en question, d’abandonner certains doutes et craintes, de gagner de nouvelles certitudes. Et demain, je changerais encore. Encore. 

En faisant cette petite pause pour regarder derrière moi, je ne le fais pas pour regretter mais pour accueillir mon passé, savourer mes victoires, comprendre mes échecs, clarifier mes envies et ce qui ne me plait pas ou plus. Enfin, elle me permet de me rendre compte que des choses impossibles ont été réalisées. Je prends une pause, une grande respiration, un moment pour juste Etre. Pas d’objectif pour l’instant, ils arriveront avec la nouvelle année.

Et vous, comment regardez vous l’année écoulée ?

A bientôt,
Très bonnes fêtes de fin d'année,
Marion


PS : cette chanson m’accompagne le matin, en me levant, dans ma voiture pour le travail et en ce moment alors que j'écris ces lignes. Dans les embouteillages, je la chante à tue tête, le sourire aux lèvres. Elle me rappelle la sortie de la zone de confort, il y a deux ans et demi, qui m'a ouvert de nouvelles perspectives. 

How Far i'll Go - Vaiana  
I've been staring at the edge of the water
J'ai regardé fixement le bord de l'eau
Long as I can remember, never really knowing why
D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais vraiment su pourquoi
I wish I could be the perfect daughter
J'aimerais pouvoir être la fille parfaite
But I come back to the water, no matter how hard I try
Mais je reviens toujours à l'eau, quoi que je fasse

Every turn I take, every trail I track
Chaque virage que je prends, chaque sentier que je retrace
Every path I make, every road leads back
Chaque pas que je fais, chaque route me ramène
To the place I know where I cannot go
A l'endroit que je connais, là où je ne peux pas aller
Where I long to be
Où j'ai envie d'être
See the line where the sky meets the sea? It calls me
Tu vois la ligne où le ciel rejoint la mer? Elle m'appelle
And no one knows, how far it goes
Et personne ne sait, jusqu'où ça va
If the wind in my sail on the sea stays behind me
Si le vent dans mes voiles, sur la mer, reste derrière moi
One day I'll know
Un jour je le saurai
If I go there's just no telling how far I'll go
Si je pars, rien ne dit jusqu'où j'irai
I know everybody on this island seems so happy, on this island
Je sais que tout le monde sur cette île semble tellement content, sur cette île
Everything is by design
Tout est fait délibérément
I know everybody on this island has a role, on this island
Je sais que tout le monde sur cette île à un rôle, sur cette île
So maybe I can roll with mine
Alors peut-être que je devrais me faire au mien
I can lead with pride, I can make us strong
Je peux montrer que je suis fière, je peux nous rendre forts
I'll be satisfied if I play along
Je serai satisfaite de jouer le jeu
But the voice inside sings a different song
Mais la petite voix en moi chante une toute différente chanson
"What is wrong with me?"
"Qu'est-ce qui cloche chez moi?"
See the light as it shines on the sea? It's blinding
Tu vois la lumière qui brille sur la mer? Elle est aveuglante
But no one knows, how deep it goes
Mais personne n'en connait la profondeur
And it seems like it's calling out to me, so come find me
Et on dirait qu'elle m'appelle, alors viens me trouver
And let me know
Et fais-moi savoir
What's beyond that line, will I cross that line?
Ce qu'il y a au-delà de cette ligne, vais-je franchir cette ligne?
See the line where the sky meets the sea? It calls me
Tu vois la ligne où le ciel rejoint la mer? Elle m'appelle
And no one knows, how far it goes
Et personne ne sait, jusqu'où ça va
If the wind in my sail on the sea stays behind me
Si le vent dans mes voiles, sur la mer, reste derrière moi
One day I'll know
Un jour je le saurai
How far I'll go
Jusqu'où j'irai

vendredi 6 octobre 2017

La liberté - Nouvelle " Briser les chaînes " -

Bonjour à tous,


Je souhaitais vous partager la nouvelle écrite sur le thème de la liberté ou comment une hirondelle peut faire prendre conscience des chaines et prisons que nous nous créons. Je vous conseille de la lire jusqu'au bout, et n'hésitez pas a me dire ce que vous en avez retenu.





Je restais pantoise, les yeux dans le vague, assommée par les images et les sons que cet outil technologique me renvoyait à chaque instant. Une pensée conforme, uniforme, sans saveur. Des réflexions refoulées, des cerveaux presque lobotomisés. Des pantins s’agitaient, trimballés d’un côté à l’autre de ce qui semblait être une salle à manger. Vague miroir qui renvoyait une image que je cherchais désespérément à oublier. L’humanité dans son dernier sursaut, essayant vainement de résister à l’appel inéluctable de la peur. Peur de soi, peur de l’autre, peur de ce qui nous interpelle, de ce que nous avons du mal à comprendre. Et ces géants de papiers qui invectivaient la foule à se presser, car voyons il n’y aurait pas de place pour tout le monde dans ce royaume. Le royaume des hypocrites, plus préoccupés par le paraître que par l’être, plus focalisés par l’avoir que par le devenir. Posséder le dernier objet à la mode, la dernière spectaculaire trouvaille qui vous hisserait au sommet de l’échelle. Ou du moins pour un temps, car le sommet s’effritait toujours, laissant les malheureux seuls. J’en étais las de ces balivernes, de cette façon de voir la vie. N’étaient-ils ici bas que pour suivre leurs semblables dans leur marche inexorable vers l’abime ? Je ne voyais autour de moi que des âmes vagabondes, s’enchainant à leurs propres démons, accrochées à leurs portables, refusant d’échanger un regard. Les conversations à haute voix se tarissaient à mesure que leurs doigts accéléraient leur tapotement frénétique. Le partage, les petites attentions disparaissaient devant les calculs et les individualités. Certains, très peu, se levaient doucement face à cette ignominie mais se retrouvaient vite mis à l’écart, humiliés.
J’observais cette danse désolante, sans pour autant chercher de solutions, lorsqu’un instant suspendu dans les airs, deux notes… Une musique presqu’imperceptible s’est accrochée à mon oreille. J’ai tendu la tête dans un vague espoir que cela soit réel. Avais-je rêvé ?  Ce trille, cette joie… Qui pouvait être heureux dans ces conditions ? A nouveau, l’émotion ressentie, une sonorité qui monte, de plus en plus forte. Et à présent, je le reconnaissais. Ce doux chant d’un oiseau longtemps attendu, longuement espéré. Le signal, le réveil de ma conscience. Alors, je regardais s’envoler l’hirondelle à travers les barreaux de ma fenêtre…

Elle m’invitait dans son escapade, elle tournoyait au dessus du vide, sans attache, sans contrainte, libre d’aller, revenir, suivre les trajectoires de l’air, planant à travers le ciel. Un déclic, un espoir, une résurrection. Pourquoi pas moi ? Que m’arriverait-il si j’écoutais l’impulsion donnée par cet oiseau ? N’étions-nous pas à l’ère du lâcher-prise et du renouveau ? La fenêtre m’appelait, la promesse de ce qu’il y avait derrière m’hypnotisait. Je levais alors maladroitement ma main et hasardais un placement instinctif. Je tentais de laisser l’air couler de chaque côté, comme les enfants le faisaient jadis quand ils courraient. Je pris le temps de ressentir le souffle du vent, de profiter de la sensation de picotement de la fraicheur hivernale du soir tombant. Un vague sursaut, l’hirondelle s’était rapprochée, plus majestueuse encore, plus intrigante et plus envoutante. Elle semblait m’encourager dans ma démarche. Je l’observais de plus en plus attentivement, accrochée à ses moindres mouvements. Elle me donnait l’impression d’épier mes gestes et de me confier les prochaines étapes. La main toujours à moitié déployée, la sensation de légèreté commença à m’envahir et mes yeux troublés rencontrèrent ceux de la belle tachetée. Ses iris regorgeaient de bienveillance, d’allégresse et de compassion. Ce regard m’a transpercé, m’a jeté un sort. Il me disait de me lancer, de tenter l’expérience, de passer à l’action. Je n’y croyais plus, je ne l’espérais plus. Ma solitude se dissipait peu à peu. Mon cœur se réchauffait doucement et deux mots se présentaient à mon esprit, comme une évidence : « vas-y ». Tu dois pouvoir le faire toi aussi, tu dois pouvoir briser ton carcan, tes chaînes invisibles. Mais la réalité reprenait alors le dessus : j’étais toujours emprisonnée dans cette cage. Rattachée au sol, enfermée et attristée. L’hirondelle virevoltait toujours et la mélodie de son escapade emplissait mon esprit. L’idée s’insinuait petit à petit. Les neurones se mettaient en marche. La liberté. Douce rêverie... Que dis-je, douce utopie. La belle, sentant mon désarroi, revint une nouvelle fois. Plus persistante, plus engageante, plus insistante. Et puis, à mon grand étonnement, elle se posa. Là, juste à quelques centimètres de ma main, magnifique. Elle s’approchait et mon cœur s’emplissait d’optimisme, d’une émotion trop souvent écartée. J’ai alors tenté le tout pour le tout, sortir de sa zone de confort, se lancer à cœur perdue dans cet idéal que je savais être fait pour moi. J’ai brisé mes chaines mentales, mes croyances ancrées, mes chimères. J’ai levé la deuxième main, bougé la première, doucement et puis de plus en plus vite. Mes pieds ont pris de l’assurance, l’un devant l’autre, prenant de la vitesse dans une ronde frénétique, au sein de cette cage qui n’en était une que parce que c’est l’importance que je lui accordais. J’ai levé les yeux et me suis rendue compte qu’au dessus de ma tête, le ciel était azur, vaste et qu’il ne tenait qu’à moi de m’y jeter. Je me suis élancée et j’ai sauté. Là, comme ça. Avec la vitesse de ma course, le vent qui filait autour de moi. L’hirondelle a repris son envol.


Le sol s’approchait à vive allure, la sensation de liberté m’a prise de cours et le danger m’a ragaillardie. L’oiseau s’est rapproché de moi, nous étions en symbiose, connectés. M’appuyant sur ses conseils, j’ai alors agité une des plumes au bout de ma main, puis une autre, plus rapidement et mes ailes se sont mises à battre à l’unisson des siennes. Je m’élevais lentement dans les airs, heureuse à mon tour. Mes yeux pétillaient de malice et de bonheur, la liberté m’était acquise. Un sentiment doux et amer me retenait toutefois. J’éprouvais de la tristesse pour cette humanité qui luttait contre ses propres prisons dorées, là… au pied de cet arbre. Je ne pouvais toutefois pas m’empêcher d’espérer : si j’avais réussi à le faire, ne le pourrait-elle pas un jour ? 



samedi 12 août 2017

J+209 - Le rêve canadien - le chemin et la destination

A Val-Jalbert (Merci Virginie pour cette superbe photo!)
Depuis plusieurs années, je rêve de pouvoir partir au Canada et de pouvoir voyager de lacs en lacs en hydravion, à la période où les arbres commencent à se parer de couleurs étonnantes, automnales. Où la végétation nous régale de son spectacle coloré. Entourée de grands arbres, de magnifiques rivières, des grands espaces, me retrouver petite au milieu de la nature, écouter le bruit du vent dans les feuilles, du torrent qui dévale la colline. Découvrir une faune et une flore différentes, rire, bien manger, partager de superbes moments avec des amis anciens et nouveaux.

Un premier baby step vers cette "destination" vient de se réaliser.

Lors de mon dernier voyage, j'ai rencontré des personnes incroyables. Il y a rarement de hasard et j'ai commencé à voir que les coïncidences n'en étaient pas : il se trouve que ces chers amis étaient Québecois et l'un deux vivait près d'un lac au nord de la ville de Québec. De fil en aiguille, je leur ai partagé ce rêve que j'avais et il était donc prévu que j'aille les retrouver en hiver prochain pour une première découverte du Canada.


La vie étant incroyable lorsque l'on ouvre un peu les yeux et ses perspectives, en février j'apprends qu'un séminaire auquel je souhaite participer se déroulera... à Montréal en juillet. Quelles étaient les probabilités ? Ni une ni deux, je m'inscris, j'informe mes amis, je pose des vacances et je décide d'enchainer la découverte de Montréal par une semaine dans la province Québecoise.

Une partie du rêve se mettait en marche. Je n'y étais pas pour le changement des couleurs, je n'avais pas la partie hydravion non plus, mais je comptais profiter un maximum de cette expérience. A travers ce que j'allais voir, vivre, ressentir, m'émerveiller les yeux et le cœur grand ouverts. Car chers amis, que ce soit à l'autre bout du monde ou au coin de la rue, garder une âme d'enfant qui s'émerveille, qui sourit et qui se surprend chaque jour, est incroyable.

Je rentre tout juste de ce voyage, le rêve m'apparaît encore plus accessible qu'il ne l'était avant. J'ai gouté aux sensations que j'imaginais. J'ai emmagasiné des images émouvantes, sensibles, fortes à travers le road trip le long du Saguenay et mes randonnées dans le parc de la Jacques Cartier. Cette incroyable marche où une biche sauvage m'a fait le cadeau formidable de me regarder dans les yeux, d'échanger un instant d'éternité, suspendu, sans plus aucun bruit dans la forêt; puis de me saluer et de venir me toucher la main, le bras et presque le visage. Puis dans un mouvement furtif, elle s'est éloignée, laissant la magie du moment s'estomper. 
Le calme, la sérénité ressentie en écoutant le clapotis de la pluie lors d'un orage d'été et les odeurs de la foret lorsqu'elle prend fin.

Et puis, l'effervescence des festivals de Québec et Montréal, les rires des gens dans les rues, les visages souriant, les découvertes culinaires (Poutine, Queue de Castor et Guédille de Homard). Je garde par dessus tout le souvenir ému de ces retrouvailles avec un ami cher et le partage de journées incroyables avec de nouvelles.


Mon rêve ne s'est pas encore matérialisé mais j'avance petit à petit sur le chemin de sa réalisation. Et finalement, le chemin qui m'y mène est tellement inspirant qu'il n'en saurait être autrement. Je reprendrais donc cette citation de Philippe Pollet-Villard: "Dans un voyage ce n'est pas la destination qui compte mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout".






lundi 22 mai 2017

J+127 - Ménage de printemps et premier bilan

Nous sommes le 22 mai, je sors de deux jours de présence sur notre stand en tant qu'association lors de notre premier grand événement: les souffleurs d'avenir organisé par la ville de Biot. Le printemps est bien entamé, les bourgeons des arbres ont fait place à des fleurs et même par certains endroits à des débuts de fruits. L'hiver et ses remises en cause font place tout doucement aux chaleurs printanières et bientôt estivales. Depuis mon dernier post, presque 5 mois ont donc défilé et je n'ai pas chaumé: la reprise de salons du livre, la gestion associative avec la réalisation d'événements tous plus formateurs les uns que les autres, les voyages d'affaires pour mon travail. Et en parallèle de tout ça, des moments privilégiés pour me ressourcer, en montagne ou au bord de la mer, en chantant ou en dansant.

Je dois reconnaitre que toute cette activité m'a aussi amenée à des moments de doute et de fatigue. De nature très active, il m'a fallut apprendre à savoir me préserver et me poser de temps en temps. Accepter d'être tout simplement humaine, prendre le temps pour moi, pour reposer mon corps mais aussi mon mental. 

Je remarque qu'au fil de ce blog, je n'ai jamais trop montré mes moments "difficiles". Même si ils ont parfois pu être perceptibles, j'ai toujours voulu montrer cette force de voir le positif en chaque instant. Mais avec le recul, je me rends compte que j'ai peut-être un peu faussé le regard que vous pourriez avoir. Je ne suis pas surhumaine, je n'ai que 24 heures dans une journée et 7 jours par semaine. J'ai parfois des doutes et des émotions "négatives". Alors je tenais à vous montrer un peu de cette facette, afin de partager un peu plus l'optimisme en la vie que je peux avoir, même dans ces périodes là.

Car, chers amis, quand je suis engagée dans quelque chose, quand ce que je fais me plait, que mes objectifs prennent forme par le biais d'actions, de rencontres et d'opportunités, ce tourbillon peut m' emmener au delà de moi même. Mon père disait de moi que je pouvais mettre quelque temps avant de prendre une décision, mais dès qu'elle était prise je pouvais déplacer des montagnes et foncer comme un bulldozer. Je crois qu'il avait incroyablement vu juste.

Ce vortex positif et incroyablement rapide - quand enfin, tout se réalise ! - me demande de l'attention et surtout beaucoup d'écoute ; et voilà l'un de mes secrets. Bien que très réfléchie et très cartésienne dans ma jeunesse, je m'en remets de plus en plus à mon instinct et à l'écoute de mes "messages intérieurs" afin de prendre une décision. Même si cela peut paraître bizarre ou à l'encontre des pensées collectives ("tu devrais faire ça","ce serait mieux d'aller là", etc.), j'essaie un maximum d'aller là où je sens que c'est le mieux pour moi.

Alors évidemment, au début, je n'écoutais pas beaucoup. Je me laissais entrainer par le flot des événements, poussant, courant, heureuse d'aller de l'avant, voyant des portes s'ouvrir. Et puis, d'un coup, des petits dératés: une petite fatigue, un besoin de dormir, un petit mal de gorge; des portes qui se ferment, des choses plus difficiles à réaliser, des relations qui disparaissent de ma vie. Que cela soit au niveau physique ou psychologique, des signes que la machine est en train de tousser, de se gripper.  Quand je n'entends pas ces messages, que je m'entête à continuer, la fatigue s'aggrave, les portes deviennent des murs à franchir, la fluidité disparait. Avec le temps et l'expérience, j'apprends à les voir de manière plus rapide. Dans certains domaines, ça devient une évidence. Dans d'autres, j'ai encore du chemin à parcourir. 

De nature enjouée et sachant que je repartirais de plus belle de toute façon, je dois avouer que je me suis mise à embrasser et savourer ces moments de doute et de difficulté. J'ai surtout appris à être indulgente envers moi-même, à accepter de me tromper, à arrêter de me culpabiliser. J'ai également pris en compte une chose importante: tous les doutes et déprimes que j'ai pu avoir ont toujours été à l'origine d'un énorme déclic, d'une décision, d'une avancée. Pas forcément dans la direction que j'avais envisagée initialement, mais n'est-ce pas cela la beauté de la vie ? Rester ouvert à d'autres perspectives ?



Je pourrais encore continuer sur des pages, je vais me dompter et me stopper pour le moment. Je   tenais à vous exprimer que si je peux le faire, si je peux réaliser mes rêves (partir en humanitaire, voyager, monter une association, et bien d'autres), vous le pouvez aussi. Tout n'est pas toujours aisé, mais avec le temps, de la persévérance, de la conviction, de l'optimisme, cela devient de plus en plus facile. Le tout étant de commencer petit, d'y croire, de le réaliser et ensuite d'augmenter vos attentes, d'y croire et de les réaliser à nouveau. 

A bientôt,
Marion

PS: N'hésitez pas à commenter et partager



dimanche 15 janvier 2017

J+0 : on remet les compteurs à zéro. Nouveau rêve et peur... Comment sont-ils liés ?

Ca y est, c'est reparti. 2015 (ainsi que 2016) est bel et bien du passé et avec elle le rêve 1 et l'aventure Thaïlandaise. Je me rappelle encore m'être posée cette question bien naïve : si je réalise ce rêve, que me restera-t-il derrière ? Je veux dire, quand on a atteint un objectif longtemps imaginé, rêvé, que se passe-t-il ? Est-ce que le soufflé retombe et nous laisse alors désemparé, vide d'avoir été trop heureux ? Je me rappelle également la peur que j'avais de ne plus avoir de but, d'être bloquée dans cette réalisation. Je vous rassure. La réalisation d'un but ouvre de nouvelles perspectives : parce qu'on se dit que le dépassement de la peur de l'inconnu est une révélation; parce qu'on voit le chemin parcouru, les obstacles traversés et les personnes rencontrées. Parce qu'en fait, petit à petit, pas après pas, on est capable de faire beaucoup de choses.Si j'ai réussi à réaliser ce rêve là, pourquoi ne pas en réaliser un autre et encore un autre ?

Je dois quand même vous avouer que lorsque je suis partie en Thaïlande, je suis partie sans à priori : je ne savais pas si j'allais revenir en France ou si j'allais rester là-bas; si je reprendrais mon travail ou si j'allais passer à autre chose. J'étais partie en mode "carpe diem" : vivre l'instant présent. Evidemment, j'avais cette échéance de 6 mois qui restait en tête mais je m'en suis remise à mon instinct. Au bout de 3 mois, je suis un peu tombée malade. Rien de méchant mais de quoi rester alitée toute une journée. Cette journée là, en somnolant, mes pensées se sont complètement emmêlées, entrechoquées et j'ai commencé à comprendre ce que je voulais faire après ces 6 mois. J'ai compris que bien qu'une enfant du monde, ayant ce besoin irrépressible de voyager, me confronter à d'autres cultures, de découvrir et de me perdre, j'avais besoin d'un port d'attache et que ce port se trouvait en France. Je venais de prendre la décision de revenir. 

Revenir, oui, mais différemment. Dans ma demi conscience, j'ai également cheminé sur mes aspirations personnelles et professionnelles et cela m'a sauté aux yeux comme un flash d'appareil photo: mon nouveau but, objectif était de m'engager depuis la France dans une cause qui me tiendrait à coeur. Et pourquoi pas sur le long terme créer quelque chose dans cette direction là et arpenter le chemin des associations et fondations humanitaires... 
Pour réaliser ce but, je devais donc revoir l'aménagement de mon temps de travail et le passage au temps partiel s'est imposé à moi. Avec ce passage, une journée par semaine se libérait... et avec elle, la fiche de paie perdait également 20% de sa valeur. Alors, oui cela n'a pas été évident. Je suis rentrée fauchée (6 mois de bénévolat a un impact) mais jamais plus heureuse. Je suis repartie de zéro, j'ai réadapté mon budget, revu mes priorités. Le retour n'était pas un long fleuve tranquille. Parfois, ce n'était pas évident de dire non, de se réadapter et de mettre de côté des loisirs qui vous apporte beaucoup. Mais avec l'objectif en tête, au bout d'un an tout va bien et je ne regrette rien.

Pourquoi remettre les compteurs à zéro aujourd'hui ? Mon but de m'engager est sur le point de prendre forme. Je voulais créer une fondation mais partir de zéro, sans expérience, sans réseau me faisait peur. Et quand on a une peur, il faut mesurer son ampleur : est-elle suffisamment à notre portée qu'elle n'est que le signal qu'il faut y aller ? Ou est-elle tellement grande que l'on ne peut que reculer devant l'obstacle, l'angoisse nous empêchant de voir les bouts de chemin qui s'ouvrent devant nous ? Je me trouvais alors dans la 2ème option: ne sachant par où commencer, je me suis lancée dans  des formations gratuites par internet. De la formation, de la formation, de la formation... Contente d'apprendre, d'ouvrir mon esprit, cela a duré quelques mois. Mais au bout d'un moment, le cerveau se bloque. Pour avancer, il faut aussi passer à l'action. Sortir de chez soi, sortir la tête de ses livres et avancer. J'étais alors toujours bloquée par l'ampleur de la tâche. J'avais besoin d'une étape intermédiaire. Quelque chose qui me fasse un peu flipper mais qui n'est pas insurmontable. Au contraire, j'avais besoin de quelque chose de stimulant, de conforme à mes valeurs, une peur que je voulais dépasser vaillament.

Je laissais de côté ces pensées et partais alors pour un salon du livre dans les Hautes-Alpes. Lors de ce salon, j'ai rencontré une dame, en vacances dans la région, qui a commencé à me parler d'une association pour laquelle elle gérait une équipe locale. De fil en aiguille, la discussion devenait passionnante. Et c'est alors que je mentionnais mon intention de créer, lancer quelque chose. Le hasard fait bien les choses: l'association n'avait pas d'antenne dans les Alpes-Maritimes et cherchait à en créer une. Cette rencontre s'est effectuée en aout. J'ai mis deux mois à réfléchir à la proposition, à me renseigner, à lire les rapports d'activités. Il n'était pas évidemment pour moi de me mettre dans une grande structure (j'avais expérimenté les petites associations et souhaitait garder cette liberté) et de renoncer à cette vision. Par ailleurs, je voulais m'assurer de partager les valeurs portées par l'association, notion indispensable à mon engagement. Après réflexions, la certitude d'être au bon endroit et l'excitation d'apprendre encore et toujours, j'ai réalisé que cette proposition répondait à ma peur primaire en me donnant une peur plus petite à affronter: si je suis entourée d'une structure nationale et que je ne suis pas seule dans ma démarche, je pourrais me focaliser sur l'aspect création et gestion de l'entité. Quelle belle expérience que celle-là ? Quel beau "premier pas" dans la direction recherchée ? J'ai alors dis oui.

Nous sommes le 15 janvier et je suis donc en pleine préparation de la première réunion d'information de l'antenne 06 de Aide et Action. Nous sommes déjà 3 bénévoles et accueillons toute personne qui souhaiterait s'engager, régulièrement ou ponctuellement. Qui aurait cru cela il y a encore 5 mois ? 

Et vous, quel est ce rêve qui vous taraude l'esprit ? Si la peur est trop grande, commencez par des actions plus petites dans la direction souhaitée. Voyez ce rêve comme la dernière marche d'un escalier ou le sommet d'une montagne. Il est difficile d'y arriver en un pas lorsque l'escalier fait 100 marches ou la montagne fait 1000 mètres de dénivelé. Alors on monte petit à petit, parfois même deux ou trois marches à la fois. Avouez que combattre la peur d'une marche est plus facile que celle de 100, non ?



A bientôt, très bonne année à tous !