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vendredi 21 septembre 2018

Semaine 26 - Emotion

Ces deux dernières semaines, j'ai renoué avec une amie qui me pousse depuis quelques années à me dépasser : la confiance. La confiance mais aussi l'envie d'aventure, de découvrir des lieux inconnus, de sortir de ma zone de confort et de tenter des expériences différentes. Elle m'a menée cette fois-ci dans des paysages magiques et des situations étonnantes. Que ce soit au fin fond des Alpes-Maritimes dans une vallée encaissée ou au contraire en Allemagne dans un hôtel près de Hanovre, je me suis fiée à mon instinct et j'en garde de précieuses images et émotions.

Emotion (n.f)
1. Trouble subit, agitation passagère causés par un sentiment de peur, de joie, de colère, etc... Le petit Larousse illustré 2015
2. Réaction affective transitoire d'assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l'environnement. Larousse.fr

En choisissant ce mot de la semaine, je pensais avoir des dizaines de définitions. C'est extraordinaire de voir que ce mot si simple en apparence puisse tant impacter l'individu. Les émotions, ces "choses" ou "pensées" ou je ne sais comment les caractériser, qui nous atteignent, qui rythment nos vies, nous offrent un panel de couleurs dignes d'un grand peintre. L'amour, la joie, la colère, la haine, la tristesse et j'en passe. Chaque personne est unique et réagit à sa propre manière à l'émotion qui surgit, parfois inopinément, inattendue. Par une montée de larmes, de bien-être, de chaleur aussi. Une réaction physique se produit à la vue, à l'ouïe, au ressenti d'un événement et cela nous emporte et nous transporte. 

Etant plus jeune, on me disait souvent de garder et d'enfouir mes émotions. J'essayais tant bien que mal de les réfréner, de ne pas montrer ce que je ressentais, de les cacher derrière la façade d'une personne qui devenait de plus en plus exigeante envers elle-même et envers les autres. Et puis, tout a volé en éclat. Le deuil, la colère, la frustration et puis petit à petit l'optimisme, l'espoir, l'enthousiasme et la joie. L'échelle des émotions m'a guidée jour après jour, telle une amie proche. J'ai décidé de ne plus enfouir, de ne plus cacher. Je les montre avec une certaine mesure. Mais plus que tout, je ressens et je vis.

N'ayez pas peur de vos émotions, elles sont de merveilleux indicateurs de votre état d'esprit, de vos pensées et de ce qui vous touche ou pas dans votre environnement. Apprenez à les accueillir et à les observer afin de pouvoir mieux les libérer et... vous libérer vous-même.

dimanche 2 septembre 2018

Semaine 25 - Rêver

Ces dernières semaines, j'ai vécu une grande période de remise en question et d'introspection. Une avalanche de pensées et d'idées qui partent dans tous les sens. J'ai réfléchi, je me suis confrontée aux autres et à moi-même dans mes positionnements sur des sujets importants à mes yeux. Des sujets qui touchent à vos valeurs personnelles. Par le biais de discussions intenses parsemées de phrases ou paragraphes passionnés, je me trouvais à me demander sérieusement ce que je pensais vraiment. A quel point je pouvais accepter telle ou telle information ou opinion, jusqu'où je pouvais écouter telle personne pour moduler ma propre pensée ou au contraire m'insurger tant les paroles me paraissaient violentes.

Rêver v.i
1. Faire des rêves pendant son sommeil
2. Laisser aller son imagination
3. Concevoir, exprimer des choses déraisonnables, chimériques

Rêver v.t.
1. Voir en rêve pendant la nuit : j'ai rêvé de lui
2. Désirer vivement


Après cette période de remous, après la tempête des émotions, le calme et le beau temps ont refait surface. Comment suis-je restée droite dans cet orage ? Avec un peu de recul, je crois qu'en fait je me suis raccrochée à ce qui me caractérisait, aux rêves et envies que j'avais, à ce que j'aimais faire, à ce qui me donnait de la joie. Le reste, j'en suis heureuse, n'est que de l'apprentissage. 

Cette phase bousculée m'a permis d'avancer un peu plus vers la connaissance de moi-même, de mes fondements. A la phrase : "il faut arrêter d'être idéaliste et optimiste, ça ne peut pas marcher comme ça". Je réponds : "si je ne suis pas optimiste maintenant, avec toute la vie devant moi, avec toutes les personnes merveilleuses que j'ai rencontrées et que je vais encore rencontrer, avec tous les rêves d'enfants réalisés et ceux qui ne se sont pas encore présentés, avec tous les messages d'espoir que j'ai vu dans mes voyages associatifs, avec tous les changements qui se présentent à nous, avec la motivation et les extraordinaires informations que je lis (des découvertes faites par des enfants pour lutter contre la pollution marine, etc...), alors oui je suis une rêveuse optimiste". 

Et en même temps, je vois le monde, j'entends et je ressens. C'est pour cela que mon optimisme n'est pas aveugle. Il m'aide à avancer, à envisager des solutions, à ne pas rester les bras croisés, à apporter ma contribution à mon échelle. Mais pour cela, le rêve est mon meilleur ami. L'imagination permet d'ouvrir la boite de nos pensées et d'envisager des nouveautés... Et puis finalement, après, il faut les essayer, les mettre à l'épreuve. Et s'adapter. Voir, essayer encore, persévérer. Car un jour, le rêve se transformera en réalité.

Ne vous empêchez pas de rêver...

samedi 18 août 2018

Semaine 24 - Pause -- Retour, émue, à Bangkok

Samedi après-midi, le ciel est d'un bleu majestueux, les grillons chantent et une faible brise rafraichit par moment l'air chaud de cette belle journée d'été. J'avais oublié de savourer ces moments précieux, de reprendre le temps de voir, d'observer, de ressentir. De faire une pause aussi, de m'autoriser à ne rien faire de la plus belle des manières. Quoique, rien faire ? Vraiment ? Prendre une bonne inspiration, écouter une belle musique, profiter de mon transat en lisant un bon livre, jouer à des jeux de sociétés en famille, rire à une bonne blague, regarder un film inspirant et enfin, sommeiller en écoutant les oiseaux chanter... 

Pause. n.f. latin pausa
1. Arrêt momentané d'une activité, d'un travail, généralement consacré au repos ; interruption. 
2. Temps d'arrêt dans le déroulement d'un processus ; suspension.
3. Interruption de la chaîne parlée : l'orateur marqua une pause.
4. Musique : Silence de la durée d'une ou de plusieurs mesures.

Après ce voyage personnel à Chicago, j'enchainais avec un voyage professionnel à Bangkok. La Thaïlande... Une émotion particulière m'accompagnait lors de mon vol vers ce pays qui, depuis 2012, faisait entièrement parti de mon histoire. Comme si ce pays marquait des étapes importantes, comme si j'avais un lien imperceptible avec lui. En 8 ans, il est apparu à 4 occasions.

La première, celle qui m'a révélé la personne que je suis à présent, c'est le décès de mon père. On devait partir en Thaïlande avec ma soeur, mais la vie ou plutôt le peu de vie qui restait en lui nous a rappelé à Gap où j'ai partagé les derniers moments de sa présence physique. Il est parti, ma vie a continué. Plus ou moins facilement, plus ou moins avec des hauts et des bas, plus ou moins en vitesse rapide. 

J'ai changé de poste en 2013. Pour mes dernières attributions, je devais partir former des collègues à Bangkok. La Thaïlande me faisait une petite surprise malicieuse, un an jour pour jour après notre voyage annulé. Je partais le coeur lourd, chargé de ce souvenir, mon père dans la tête, dans le coeur et les pensées. 

Evidemment, la troisième occasion est une longue expérience : mon départ en humanitaire qui s'est déroulé à Chiang Mai. Je souhaitais partir en Asie, sans idée précise du pays et cette fois encore la Thaïlande revenait me saluer, m'embrasser et me soutenir. 

Alors, lorsqu'en rentrant de Chicago, j'ai reçu la confirmation de mon départ à Bangkok, soit 3 ans après mon retour, mon coeur a bondi. La joie me transportait. J'y allais pour une semaine d'intenses formations et réunions de travail. J'y allais aussi pour transmettre ce que j'ai appris à une collègue. Etre deux à pouvoir fournir un service à nos clients ne ferait pas de mal. 

A Bangkok, après avoir atterri, mon émotion était empreinte d'une grande sérénité, une grande joie et la certitude d'être au bon endroit. Et en même temps, je me demandais ce qui allait se passer en mon for intérieur. Et puis là, une envie immense de juste me poser. De profiter du lieu. De prendre une pause psychique et physique. J'avais connu la Bangkok des nuits, j'apprenais à découvrir la Bangkok du travail et du repos. Et il m'en fallait. Deux nuits de suite, mon père m'a rendu visite dans mes rêves. Des rêves si forts, si vivants et réels que j'ai encore, aujourd'hui, l'impression de l'avoir serré dans mes bras. J'ai encore son sourire et son rire contagieux à mes yeux. 

J'ai un sourire heureux sur les lèvres en écrivant ce témoignage, cette ouverture plus qu'osée sur mon parcours, mon âme et mes histoires profondes. 

Il était temps de faire cette pause. De regarder le passé, tendrement. De réaliser le chemin parcouru. D'expliquer que finalement, si j'ai réussi à m'en sortir, tout est possible. Le chemin n'est pas terminé. Je vois la prochaine côte de cette montagne magnifique, qui me mène vers des paysages et des sentiers somptueux. Mais pour le moment, je savoure la vue, je me retourne et observe à 360 degrés. 

Prendre une pause n'est jamais un échec, jamais un signe de faiblesse. Au contraire, c'est accueillir et accepter qui l'on est, écouter notre corps et notre coeur. Car de toute façon, je suis persuadée que l'âme humaine avance et nous pousse à avancer. Alors s'arrêter pour prendre quelques photos, pour respirer une fleur, pour rire de bon coeur à la vision d'oiseaux qui font la course, ne peut que recharger les batteries, ressourcer la force de vie qui est en nous tous.

 A bientôt sur les chemins du monde !

vendredi 3 août 2018

Semaine 23 - Apprécier -- concert en plein air à Chicago

Chicago, la ville des vents (the Windy city), m'a accueillie à bras ouverts pendant une semaine. Grand soleil, ciel bleu, quelques nuages par-ci par-là pour atténuer la chaleur : les vents avaient pris quelques jours de vacances. Je n'avais pas prévu grand chose le jour de mon arrivée, ayant la volonté de me laisser guider et surprendre par le moment. 

A l'aéroport, alors que je me dirigeais vers le point d'attente de ma navette, les couleurs vives d'un flyer posé sur un stand ont attiré mon regard. Le flyer mentionnait tous les concerts de la ville pour la période estivale : festival de musique en plein air au Millenium Park. Après plusieurs dizaines de minutes, mon bus apparaissait enfin au loin. L'attente avait eu du bon : dans cette navette pour mon hotel, je retrouvais "par hasard" deux personnes rencontrées un an et demi auparavant. Nous n'avions pas gardé contact, mais nos retrouvailles étaient joyeuses, pleines de sincérité. N'ayant rien prévu non plus cette journée là, nous allions visiter le centre ville ensemble.

Chicago Downton. A la sortie du train (métro), la ville montrait sa hauteur par un défilé d' immeubles impressionnants. En nous dirigeant vers le Millenium Park, une surprise nous stoppait : Spiderman s'amusait à faire des pirouettes sur un abri-bus... Quelle merveilleuse manière pour attirer l'attention des passants sur le magasin Disney qui se trouvait juste à côté !


Apprécier v.t. (du lat. Pretium, prix)
1. Déterminer la valeur, l'importance de : Apprécier une distance, les conséquences d'un fait.
2. Juger bon, agréable. Apprécier la présence de quelqu'un
3. Reconnaître des qualités à : Apprécier un vin


En fin d'après-midi, nous nous installions dans le Millenium Park en mode picnic avec du fromage, de la charcuterie, un peu de vin rouge, des antipasti. Pendant quelques instants, j'ai ressenti une sérénité extrême, le temps comme suspendu. Apprécier cet imprévu, ce moment de grâce où tous mes sens étaient en joie : le goût de ce fromage de chèvre truffé dans le palet, sentir une faible brise sur la peau, entendre ce concert de musique classique, admirer le paysage insolite que j'avais devant les yeux et enfin sentir l'odeur de l'herbe sous mes pieds. Apprécier la compagnie de deux personnes extraordinaires qu'on apprend à connaître. 

L'imprévu s'est transformé en une gratitude intense. Le concert se terminant, aucun de nous ne voulait rentrer. En marchant, nos pas nous ont menés dans un bar-scène de spectacle qui accueillait ce soir-là un groupe de blues. La soirée continuait ses notes agréables. Attablés tous les trois devant la scène, la musique se faufilait dans mes muscles, dans mes veines, dans mon âme. J'étais transportée.

Apprécier, c'est ne pas juger, ne pas réfléchir, ne pas comparer. Juste être dans le moment, savourer cet instant, qu'il soit connu et familier ou au contraire complètement insolite. Apprécier c'est remercier aussi certaines opportunités lorsqu'elles se présentent. C'est également rire de bon coeur, écouter et partager des moments privilégiés avec des amis, la famille et parfois même avec des inconnus. 

Apprécier ces moments uniques qui se présentent à vous chaque jour. 

Je vous encourage à prendre conscience d'au moins une chose, un instant, une personne que vous avez apprécié aujourd'hui. 






vendredi 20 juillet 2018

Semaine 22 - Oser

Qu'est-ce qui nous pousse à faire certaines actions, à dire certaines phrases, à sortir Le mot qui va retourner la situation à notre avantage ou désavantage ? Une impulsion, l'instinct, un appel, autre chose ? Après les balades dans les Hautes-Alpes, j'ai renoué avec le Mercantour. Une inspiration constante, un calme, un instant de plénitude avant une semaine chargée. Un passage, le paysage ancré dans mes yeux, avant de partir en vacances à l'autre bout du monde, Chicago, ville qui me fascine.

Dernièrement, les journées se sont succédées sans se ressembler. Des matinées à me lever avec une motivation absolue, le lendemain la découverte que peut-être je n'aurais pas dû parler de ceci ou cela de cette manière à telle personne, et finalement la béatitude et l'étonnement ravi en voyant les nuées d'hirondelles se lancer dans un ballet aérien, similaire à la tombée de la neige, chaotique mais qui semble suivre une ligne magique. Des instants différents, des moments d'éternité. Et puis, hier matin, la compréhension nouvelle d'une notion que je pensais déjà connaître, m'apparaissant soudainement limpide et cristalline au matin d'une nuit tourmentée par des rêves dans la chaleur étouffante de la nuit.

Des idées me viennent sans trop savoir d'où. A force de les éviter, de ne pas les écouter, elles deviennent plus pressantes, plus visibles, plus insistantes. Mon esprit et mon coeur jouent alors à savoir qui aura le dernier mot. Et puis, à force d'arguments et au terme de délibérations intenses, les deux s'accordent.

Oser. v.t.
1. Avoir le courage de 
2. Avoir l'impudence de ; se permettre de :  Vous osez prétendre que ...
3. Litt. Entreprendre avec audace ; risquer : Osez la nouveauté
4. Avoir la permission de : Est-ce que j'ose entrer ?

Ce mot a littéralement marqué ces deux semaines passées. Oser s'affirmer, oser discuter et philosopher avec des inconnus, oser être naturelle, oser parler avec le coeur, oser se dévoiler, oser écouter aussi, oser apprendre et surtout réapprendre, oser remettre en question et en particulier soi-même, oser chanter, oser rire à gorge déployée, oser dire sa vérité, oser proposer, oser lire et relire, oser envoyer une lettre et ouvrir l'enveloppe qui contient une réponse, oser écrire un article ...

Finalement, en osant, on se redécouvre, on expérimente et on repousse nos limites. 

Oser comme Ouvrir Son Esprit Radicalement.




samedi 7 juillet 2018

Semaine 21 - Apercevoir - nez à nez avec un hélicoptère...

Les événements improbables, les situations inattendues, les rencontres fortuites, ces moments d'imprévu me fascinent et me donnent à chaque fois une émotion particulière. Que ce soit de la joie, une peur, un doute, un rire qui se déploie, je n'en sors jamais indifférente.

La montagne est un lieu qui me ressource, un endroit où j'oublie tout. Alors que je regarde à l'horizon, que je contemple les cimes en face de moi si loin mais pourtant si proche, je me sens bien. Mes pensées m'abandonnent et je suis juste là, face à la nature.

Le week-end dernier, j'étais donc de retour dans les Hautes-Alpes avec des amis à qui je faisais découvrir la région. J'avais prévu de retourner au lac de mon "pèlerinage" annuel : le lac du Lauzon, à 2000 mètres d'altitude.

La marche, débutée assez tôt, nous avons atteint ces eaux calmes vers 10h30 du matin. Les lieux avaient eux aussi la marque de l'hiver, me rappelant un peu le lac de Prals : les névés parsemaient le sentier, les fleurs et notamment les rhododendrons avaient sorties leurs plus belles couleurs. Je redécouvrais les versants de cette montagne familière, le vert me sautant aux yeux.

Depuis quelques temps, je ressentais un appel de plus en plus insistant pour une destination supplémentaire : le refuge du pigeonnier, situé 400 mètres plus haut, à flanc de sommet. Ce refuge, je l'entr'apercevais à chaque descente. Mais cette fois-ci, d'un commun accord avec mes compagnons de marche, nos pas ont bifurqué sur le sentier de sa montée.


Apercevoir v.t.
1. Voir, discerner de façon soudaine ou fugitive : j'ai cru l'apercevoir dans la foule.
2. Découvrir ce que l'on ne saisissait pas nettement : commencer à apercevoir les raisons d'un échec

S'apercevoir: v. pr.
Se rendre compte de : Elle s'est aperçue de votre présence.


Le paysage, vu d'en haut, revêtait une douceur particulière, des couleurs, une émotion presque. Nous avions réussi, à notre rythme, à atteindre le sommet en moins de 2 heures. Un arrêt pour manger, ressentir le moment, regarder la vallée, les névés, le glacier, les cascades.

Et puis, un bruit étrange. Familier mais pas dans ce contexte. Dans ce lieu presque silencieux, sinon des chants d'oiseaux et du son de la nature, ce bruit se rapprochait de nous. Un hélicoptère fendait l'air pour se rendre au niveau du glacier, tournait et se lançait dans une valse étonnante au dessus des pics. 

L'heure de la descente avait sonné, nous nous sommes levés et avons rangé nos affaires. Le sentier nous attendait, chemin en boucle qui nous montrerait l'autre versant et nous permettrait de découvrir le côté de la montage que je n'avais jamais vu. 

Alors que nous avancions, je me suis arrêtée, un peu en recul, pour prendre une photo de mes camarades. Je repartais lorsqu'un bruit assourdissant m'a stoppée net. Je suis revenue sur mes pas et alors que je ne m'y attendais pas, je me suis retrouvée nez à nez avec cet hélicoptère, en vol stationnaire à 5 mètres de moi en hauteur. 

J'ai un peu reculée pour mieux l'observer et me mettre en sécurité de son souffle. Ce qui est fascinant avec le fait de percevoir, d'apercevoir, de voir les choses c'est que tout dépend du point de vue de la personne qui observe. J'étais là, en face de cet engin, captivée, sans pouvoir ne serait-ce qu'apercevoir les personnes à l'intérieur. Mes amis me regardaient, à cinq mètres en avant sur le chemin et me faisaient part que de leur position, l'hélicoptère était invisible. Ils ne pouvaient voir que moi, en attente, hypnotisée.


Une coïncidence ? Un heureux hasard ? 

En tout cas, ce lieu, ce refuge qui m'appelait depuis si longtemps, dans cette montagne qui accueille le lac du Lauzon si cher à mon père ; cet hélicoptère, cet engin que je n'ai jamais vu ni entendu dans les 15 dernières années où nous sommes montés là-bas : je ne peux m'empêcher de penser qu'il était quand même un peu là pour que je l'aperçoive...



vendredi 29 juin 2018

Semaine 20 : S'Emerveiller - De la neige en été

Plusieurs fois, je suis allée me balader dans le Mercantour, massif montagneux du 04 et 06 situé à la frontière italienne. Ces montagnes, je prends un réel plaisir à m'y rendre, à marcher, regarder la nature, écouter la faune ainsi qu'à y arpenter de nouveaux sentiers, existants par centaines le long des vallons et des crêtes.

C'est ainsi que j'y ai découvert, l'année dernière, les 5 lacs de Prals, une randonnée assez magique qui m'avait donné le goût d'y retourner régulièrement. Depuis, je m'y suis rendue presque à chaque saison, pouvant ainsi noter les différences, parfois imperceptibles, prouvant l'arrivée de l'hiver ou au contraire la fin du printemps.

C'est donc avec joie et curiosité que je m'y rendais début juin pour humer l'air, observer le vert de la forêt mais surtout voir comment ces lieux devenus familiers avaient été impactés par cet hiver plus pluvieux et enneigés que les précédents.

Au fur et à mesure de la montée, l'émerveillement et la redécouverte d'un lieu magique. Par les couleurs : le vert intense des feuilles et de l'herbe, le mauve des fleurs, par les sons : le bruit de l'eau qui rugit dans le lit de la rivière, la glace qui fond ; la nature et la montagne m'offraient un spectacle magnifique. La neige y était une reine, les chemins s'adaptaient à son parcours. Je redescendais le long des crêtes en courant dans la neige, en sautillant et en riant. 

Emerveiller v.t.
Inspirer une très vive admiration à ; éblouir. Son interprétation m'a émerveillée

S'émerveiller v.pr.
S'extasier.

Ce mot, que j'emploie avec ravissement, me rappelle les
éblouissements que je ressentais étant enfant.  La découverte, la vie comme un jeu. Etant adulte, j'avais un peu oublié cet état d'être, me laissant parfois être blasée ou indifférente devant des lieux, images ou spectacles qui m'auraient fait rêvée plus jeune. Alors, depuis quelques temps, je réanime cette âme, cette étincelle de l'admiration. Car il m'est beaucoup plus aisée d'arpenter la vie, d'avancer sur les chemins, de dépasser les obstacles en ayant une vision émerveillée plutôt qu'en perdant le goût des nouveautés.

A bientôt sur les chemins de randonnées !

Les photos ci dessous ont été prises à un an d'intervalle (à gauche début juillet 2017 - à droite début juin 2018)